Astuces pour réduire le gaspillage alimentaire à la maison

Chacun peut commencer à lutter contre le gaspillage alimentaire chez soi. Il y a deux conséquences : économiser de l’argent, et avoir un impact positif ! En adoptant de petits gestes au quotidien, vous pouvez réduire directement votre empreinte environnementale. Vous contribuerez ainsi à la lutte contre le changement climatique.

Utilisez correctement votre réfrigérateur

Ne placez pas vos aliments n’importe comment dans le réfrigérateur. L’étagère du haut est la plus froide, idéale pour la viande et le poisson crus. Utilisez le bac du bas uniquement pour les légumes. Conservez les œufs et le beurre dans la porte. Chaque aliment a sa place. Bien rangé, cela permet que les aliments restent frais plus longtemps et ne pourrissent pas.

Faites confiance à vos sens, pas à la date

Une date n’est qu’un chiffre, surtout dans ce contexte ! « À consommer de préférence avant » ne signifie pas « toxique après ». Il s’agit du goût, et non de la sécurité. Lorsque la date est dépassée, ne paniquez pas. Observez l’aliment, sentez-le et goûtez-en un peu. Vos sens vous diront la vérité. S’il sent bon, mangez-le. Ne laissez pas une étiquette décider à votre place.
« La date limite de consommation optimale n’est pas scientifiquement une date de péremption. De nombreux aliments restent comestibles longtemps après cette date – nous devons réapprendre à utiliser nos sens. », explique Irina Simoncini, biochimiste et experte en recherche et développement chez Microtarians, Luxembourg.

Donnez une seconde vie à vos aliments

Les restes ne sont pas des déchets, ce sont des ingrédients. Ne jetez pas ce qui reste dans votre assiette. Cherchez en ligne des « recettes zéro gaspi » proposées par des experts comme Jamie Oliver ou BBC Good Food. Transformez du pain sec en un nouveau plat. Transformez des légumes flétris en soupe. Économisez votre argent. Transformez la nourriture.

Agissez, ne restez pas immobile

Vous vous sentez parfois perdu ? Vous fixez les étiquettes sans savoir quoi faire ? C’est normal. Nous sommes tous humains et nous faisons tous des erreurs. Mais ne laissez pas la confusion vous paralyser. La culpabilité ne sauve pas la planète, mais l’action, si. Pas besoin d’être parfait, essayez simplement de faire mieux. Voici quelques obstacles fréquents, et des solutions pour vous aider :

« Je n’ai pas le temps de faire des listes. »
→ Utilisez des applications comme Bring! ou Listonic pour simplifier et rendre la planification moins stressante.

« Je planifie trop et il me reste toujours des aliments. »
→ Prévoyez des plats simples pour la semaine. Cela fait gagner du temps et réduit le gaspillage.

« Je ne sais pas comment bien conserver les aliments. »
→ Utilisez des boîtes transparentes. Rangez les nouveaux achats derrière les anciens pour appliquer le principe « premier entré, premier sorti ». L’application USDA FoodKeeper donne des conseils sur la durée de conservation.

« Je pensais que ce n’était plus bon. »
→ Utilisez vos sens : regardez, sentez, goûtez. La date limite de consommation optimale n’est pas une date de péremption. Consultez l’application USDA FoodKeeper ou Too Good To Go pour des conseils spécifiques.

« Je n’arrive pas à utiliser mes restes. »
→ L’application My Fridge Food propose des recettes faciles à partir de vos restes. Vous pouvez aussi :

  • Organiser un « jour des restes » par semaine pour cuisiner ce que vous avez.
  • Rehausser les plats avec des épices, des herbes ou des sauces.
  • Transformer les restes en gratin, soupe ou smoothie.

« Ça n’a plus l’air appétissant. »
→ Soyez créatif ! Réutilisez les aliments en :

  • Compostant les épluchures.
  • Fermentant les surplus au lieu de les jeter.
  • Congelant les aliments pour une utilisation ultérieure.
  • Ajoutant des garnitures, épices ou herbes pour rendre les plats plus attrayants.

« Je ne vois plus ce qu’il y a au fond du frigo. »
→ Organisez votre réfrigérateur avec ces astuces :

  • Utilisez des boîtes transparentes pour ranger les aliments.
  • Appliquez le principe FIFO (premier entré, premier sorti) en plaçant les nouveaux achats derrière les anciens.
  • Étiquetez et datez les contenants.
  • Consultez les applications USDA FoodKeeper ou Too Good To Go pour des conseils de conservation.

Le savoir, arme contre le gaspillage

Ceux qui connaissent l’origine des aliments et leur mode de production gaspillent moins. L’éducation alimentaire permet de mieux apprécier la nourriture et d’éviter le gaspillage. Informez-vous sur :

  • La fermentation : avec un peu de sel, d’eau et de temps (sans électricité), vous pouvez prolonger la durée de vie des aliments tout en préservant leur goût et leurs nutriments.
  • Les aliments de saison : manger selon la saison réduit le gaspillage et soutient les producteurs locaux.
  • Les techniques de conservation maison : apprenez à congeler, mettre sous vide ou préserver les surplus.

Engagez-vous davantage

Si vous avez déjà franchi le premier pas chez vous et souhaitez élargir votre impact, Foodsharing Luxembourg propose plusieurs façons de s’impliquer :

  • Rejoignez le projet Foodsaving pour récupérer et redistribuer des aliments encore consommables, qui seraient autrement jetés par les commerces.
  • Utilisez les Points de partage Foodsharing pour offrir vos surplus à votre communauté, gratuitement.
  • Soutenez financièrement l’association si vous souhaitez contribuer à sa mission.

Cette page s’appuie sur les recherches et conseils de Foodsharing Luxembourg, ainsi que sur le projet européen « Waste Less, Taste More », une exposition itinérante développée par Foodsharing e.V. (Allemagne), Microtarians SIS (Luxembourg) et IDELUX Environnement (Belgique), dans le cadre du programme Erasmus+ Éducation des adultes de l’UE.

En 2025, Foodsharing Luxembourg a sauvé 164 400 kg de nourriture encore consommable de la poubelle

Image: AI-generated illustration – symbolic representation

En 2025, Foodsharing Luxembourg a poursuivi et renforcé son engagement contre le gaspillage alimentaire grâce à une communauté toujours plus active. Aujourd’hui, l’association sans but lucrative compte 306 foodsavers bénévoles, des “sauveur·euse·s de nourriture”, uni·e·s par une mission commune : sauver les aliments encore parfaitement consommables, mais destinés à être jetés.

Beaucoup de personnes l’ignorent encore, mais la date de durabilité minimale indiquée sur les produits en magasin ne correspond pas à une date à partir de laquelle l’aliment devient impropre à la consommation. Dans de nombreux cas, les aliments peuvent encore être consommés bien au-delà de cette date sans aucun risque pour la santé. Pourtant, près de 30 % de la nourriture produite est encore jetée. C’est face à ce constat que Foodsharing Luxembourg est née, avec l’objectif de préserver les ressources de la planète et de lutter concrètement contre le changement climatique en réduisant le gaspillage alimentaire.

Pour mener cette action, Foodsharing collabore aujourd’hui avec  62 coopératives et magasins partenaires à travers le pays dans le projet Foodsaving. Ces partenaires mettent à disposition les invendus encore consommables, qui sont ensuite récupérés par les membres bénévoles. Les quantités sauvées varient fortement : cela peut aller de petits collectes de 2 kg à plus de 20 kg lors d’un seul ramassage dans une grande enseigne.

Chaque personne privée, membre ou non, peut également poser des aliments dans l’un des 3 Foodsharing Points officiels du pays, accessibles gratuitement à toutes et tous, dans le respect de règles d’hygiène strictes. Ces points sont situés à Differdange, Esch-sur-Alzette et Lintgen, et permettent de rendre la nourriture disponible en libre accès, sans conditions.

Foodsharing Luxembourg repose entièrement sur le bénévolat. Chaque membre donne de son temps et de son énergie pour faire vivre ce réseau solidaire. Les résultats seul dans le projet Foodsaving sont au rendez-vous :

👉 En 2025, ce sont près de 164 400 kg de nourriture qui ont été sauvés sur tout le territoire luxembourgeois

 👉 Depuis 2019, Foodsharing Luxembourg a sauvé plus d’un million de kilogrammes d’aliments comestibles. Imaginons des chariots de supermarché remplis d’ une moyenne de 50 kg par chariot, cela représente une ligne de chariots de 20 kilomètres!

Au-delà du sauvetage quotidien, l’ASBL agit aussi pour faire évoluer le cadre législatif au Luxembourg. Foodsharing plaide notamment pour :

  • une remise obligatoire d’au moins 30 % sur les produits approchant leur date de durabilité minimale ou leur date limite de consommation dans les prochains 3 jours,
  • la vente à prix réduit des fruits et légumes “moches”, mais parfaitement consommables,
  • l’obligation de don des aliments encore consommables pour les entreprises,
  • et un renforcement de la sensibilisation aux pratiques alimentaires anti-gaspillage au niveau national.

Chacun·e peut agir à son échelle en adoptant des gestes simples au quotidien pour réduire le gaspillage alimentaire. Et pour aller plus loin, il est possible de rejoindre Foodsharing Luxembourg, dont les portes sont toujours ouvertes aux nouvelles personnes motivées.

Vous pouvez également participer à l’un des repas gratuits anti-gaspi, organisés chaque mois par les membres du Foodsharing. Le prochain aura lieu le dimanche 25 janvier à la Mesa – Maison de la transition – à Esch/Alzette.Un immense merci à l’ensemble des bénévoles, foodsavers actif·ve·s et partenaires pour leur engagement, leur motivation et leur contribution essentielle à la lutte contre le gaspillage alimentaire au Luxembourg.

Un appel fort pour une agriculture équitable et résiliente

🌱 Au 30 juin 2025, la plateforme Meng Landwirtschaft et ses 19 organisations membres dont Foodsharing Luxembourg fait parti, ont présenté la 4e édition entièrement révisée de leur plaidoyer pour une refonte en profondeur de la politique agricole, près du champ des 2000 m² et du Haus vun der Natur.

🎯 Objectif : stimuler le débat public sur l’avenir de l’agriculture au Luxembourg et y contribuer activement. Meng Landwirtschaft appelle les responsables politiques luxembourgeois – au niveau national comme européen – à construire un cadre durable pour une agriculture qui ne soit plus uniquement soumise aux lois de la concurrence, mais reconnue comme un pilier social, écologique et d’intérêt général.

📢 Une autre agriculture est possible : plus juste, résiliente et solidaire !

👉 En savoir plus : Plaidoyer pour une politique agricole équitable et résiliente

Et si tous les aliments étaient consommés et qu’aucune denrée n’était gaspillée ?

Foodsharing Luxembourg a contribué à l’édition de juillet de la série CIRCLE OF LIFE organisée par microtariens SIS le dimanche 6 juillet dans le cadre de LUGA. En raison du mauvais temps, cette édition a été déplacée de la ferme urbaine Kuerbebierg au Quartier Stuff Grünewald.

En plus de fournir des aliments sauvés et de donner un coup de main, nous avons contribué avec un débat participative sur le thème “Et si toute la nourriture était consommée et qu’aucune denrée n’était gaspillée ?

What if all edible food were consumed and no food were wasted

Imaginons que nous soyons en 2030. Les pertes et gaspillages alimentaires appartiennent au passé. Comment y sommes-nous parvenus ? À quoi ressemble chaque secteur aujourd’hui ?

Après un exercice d’imagination et une identification collective des sujets, nous avons eu une conversation “fishbowl”, que la plupart des participants ont utilisé pour participer activement à la discussion, donnant à chaque personne présente dans la salle une chance de contribuer. Les invitées Hannah Proffitt-Perchard, Pauline Seeburger et Stefania Filice ont lancé la discussion. La session entière a été animée par Daniel Waxweiler.

L’identification collective des sujets a donné lieu à un mur de post-its contenant des sujets, qui ont été regroupés en fonction des catégories qui ont émergé naturellement. Des améliorations tout au long de la chaîne de production ont été rassemblées et le rôle des réglementations a été souligné. La sensibilisation des jeunes a constitué un autre groupe important.

de Daniel Waxweiler

Lors du débat suivant, nous avons commencé par parler de l’accessibilité d’une alimentation biologique ou locale et de la manière dont les communes pourraient rendre les jardins plus accessibles à tous. Ensuite, nous nous sommes demandés pourquoi de nombreuses personnes n’accordent pas la priorité à la conservation de la nourriture. La nourriture est-elle trop peu chère ? Ou bien les connaissances ont-elles été perdues ? Cela nous a amenés à parler de la façon dont les enfants prennent contact déjà dans certains endroits avec la façon dont leur nourriture pousse et comment elle peut être transformée. Nous avons également porté notre attention sur la manière d’aider les gens à moins gaspiller. Les récompenses pourraient-elles être plus efficaces que les punitions au niveau individuel ? Dans quelle mesure les solutions technologiques peuvent-elles aider ? Nous avons clôturé ce cycle en rappelant que la création de communautés est essentielle pour résoudre le problème à partir de la base.

de Eunice Sánchez González

Ensuite, nous avons dégusté collectivement des plats à base de légumes et de fruits sauvés et des surprises fermentées par microtariens.

Et comment imaginez-vous l’avenir ?